La Petite École Qui a Changé la Donne : Une Histoire de Vaccination et de Solidarité à Dubréka

Pays
Guinée-Conakry

Lorsque des parents d’une petite école privée ont refusé le vaccin contre la polio par crainte, la directrice Fatoumata Diakité a pris les devants pour créer un lien entre les agents de santé et la communauté. Grâce aux émissions de radio, à une communication claire et à son engagement personnel, le scepticisme s’est transformé en adhésion — les refus ont complètement disparu, inspirant d’autres écoles à suivre son exemple.

Dans un quartier animé de Dubréka, au sein d’une école privée modeste mais pleine de vie, une directrice nommée Fatoumata Diakité faisait face à un défi inattendu. Lors des précédentes campagnes de vaccination contre la poliomyélite R1 et R2 2024, plusieurs parents de ses jeunes élèves avaient refusé de faire vacciner leurs enfants. 

"Ce n’est pas par malveillance," expliquait-elle souvent, "c’est juste qu’ils ont peur de ce qu’ils ne comprennent pas." Fatoumata, tout comme les autres directeurs d’écoles privées de la région avait la méfiance croissante envers les vaccins et le manque de directives claires avaient isolé ces écoles du processus de vaccination, pourtant vital pour les enfants. Mais cette année, tout allait changer.

Lors d'une réunion de plaidoyer organisée par la Direction Préfectorale de l'Éducation (DPE) et la Direction Préfectorale de la Santé (DPS) de Dubréka, Fatoumata fut invitée à assisté à cette réunion au compte des écoles privées. Ce jour-là, pour la première fois, elle entendit les voix des responsables de santé expliquer l'importance de la vaccination, non seulement pour protéger les enfants, mais aussi pour assurer un avenir plus sain à toute la communauté. Inspirée, elle décida de devenir un pont entre les parents et le système de santé.

Avec l’aide des autorités locales, des émissions radio furent organisées pour sensibiliser les familles. Fatoumata, accompagnée d’un responsable de la santé, participa à une de ces émissions pour répondre directement aux inquiétudes des parents. 

"Nous avons parlé du vaccin comme d’un bouclier, une protection essentielle contre un ennemi invisible," se souvient-elle. De retour à son école, elle convoqua une réunion spéciale avec les enseignants et les parents. Munie de dépliants colorés et d’informations claires, elle expliqua en détail le processus de vaccination et répondit à toutes les questions, même les plus sceptiques. "Si nous faisons cela ensemble," disait-elle, "nos enfants grandiront forts et en bonne santé."

Le jour de la campagne, l’école de Fatoumata fut la première de la région à accueillir les vaccinateurs. Les élèves, habillés en uniformes impeccables, se sont alignés avec enthousiasme. Une mère, Aissatou, qui avait auparavant refusé de vacciner son fils, tenait maintenant sa main fermement. "Je comprends maintenant pourquoi c’est important," murmura-t-elle avec un sourire.

À la fin de la campagne, aucun cas de refus ne fut signalé dans l’école de Fatoumata, ni dans aucune autre école privée de Dubréka. Pour Fatoumata, le succès n’était pas seulement une victoire pour la santé publique, mais aussi un triomphe de la solidarité et de l’éducation.

Aujourd’hui, l’histoire de Fatoumata et de son école inspire d’autres communautés en Guinée. Elle prouve que lorsqu'on communique avec empathie et clarté, et qu’on implique chaque acteur, même les défis les plus complexes peuvent être surmontés. Comme elle aime à le dire : "En protégeant un enfant, on protège tout un avenir’'.

Rédigé par Karim SYLLA, Consultant National SBC, Immunisation Polio, Région sanitaire de Kindia, UNICEF Guinée